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 26 avril 2010

Sexualité, sensualité, tendresse

 

Introduction

Les sentiments des hommes et des femmes sont considérés comme étant tellement complexes et divers qu'il peut paraître illusoire d'en rechercher les lois générales. Je souhaite pourtant analyser les différentes composantes de ce que nous nommons communément « Amour ». Ma conférence « Amour et passion » avait pour objectif d'en dresser le cadre sociologique. Cette fois-ci, nous allons approfondir l'analyse pour mieux comprendre le sujet.

 

1 / Le désir sexuel

Chez les peuples premiers, le sexe est à la fois un totem et un tabou qui peut revêtir de multiples formes. La survie de la communauté est la préoccupation principale : nombreuse progéniture et stabilité du corps tribal sont des impératifs. Les règles vont d'une stricte fidélité à une grande permissivité ou un mélange des deux. Chez les Germains, la femme libre se devait être fidèle tandis que l'homme pouvait s'accoupler aux esclaves de la maison. La maîtresse de maison, responsable de l'économie domestique, y voyait une manière d'augmenter le personnel de la ferme. En Kanakie, les traditions croient assurer le brassage du sang par un rite original, qui existait encore il y a vingt ans. Les femmes dansent sur un cercle intérieur, le dos aux hommes qui dansent sur un cercle extérieur. Au top donné par les musiciens, les hommes « prennent » en public la femme présentée directement devant eux. Un nouveau signal interrompt le coït, la danse reprend et ainsi de suite. Côtoyant certains individus très énergiques, la consanguinité affaiblie une part importante de la population. Là bas, personne ne connaît son père ; tous les ainés sont appelés « oncle » et les alter ego frère/sœur dans le même village ou « cousin » du village voisin. Les sociétés évoluées, comme celle de l'Inde, ont également reconnu l'importance du sexe. Les dieux et les déesses sont de véritables bombes sexuelles. Krishna était connu pour ses multiples fornications (dit sur un ton de reproche par un moine allemand !). Même si les mortels se doivent fidélité, tout hindou est encouragé à jouir qu'avec son mari ou sa femme. Le mode d'emploi illustré est donné par le kamasoutra, littéralement : les versets sacrés du dessous de la ceinture. Même si chez nous, les dieux grecs n'avaient rien à envier aux dieux indiens, le christianisme s'est chargé d'occulter « ce sein que je ne saurai voir ». Dieu, symbole patriarcal par excellence, est tout amour mais rien n'est dit de sa sexualité. Le « foutre de Dieu » était une injure interdite. L'hypocrisie chrétienne a suppléé au manque d'éducation sexuelle. En opposition au christianisme, la féodalité a inventé l'amour courtois pour jouir selon un nouveau code : la séduction. C'est une « spécialité » occidentale qui a évolué au fil des ères en passant par le romantisme et le romanesque. La séduction n'a pas obligatoirement un objectif sexuel, en particulier chez les femmes mûres qui cherchent à plaire. Par contre, les attitudes et les tenues vestimentaires hyper-sexy des jolies jeunes femmes sont de véritables appels au sexe. Certaines sont inconscientes mais d'autres savent très bien l'effet qu'elles font aux hommes. Celles, dont les mères les ont encouragées à faire leurs expériences, « s'éclatent » dès qu'une opportunité « bien faite » se présente. Je citerai la chanteuse québécoise Marjo : « Provocante tu fais exprès / Quand tu te déhanches devant ses beaux yeux … Qui es-tu, qui es-tu … Je fais rêver les hommes / Je les rend fous d'amour. » Les hommes sont déstabilisés par ce jeu de tentation/refoulement ayant une teneur de violence psychologique parfois difficile à gérer. Même si la majorité arrive à se maîtriser, certains tombent dans la violence physique. L'homosexualité ou, plus rarement la transsexualité, serait-elle une sorte de refus de lutte pour la possession de l'autre sexe ? A l'autre extrême, l'obsédé sexuel ne pense qu'à « ça » quand il voit passer une femme qui lui plait. Le philosophe Michel Clouscard, relaye une déclaration de Spinoza, selon laquelle la femme ferait partie de ces « biens qui diminuent avec le partage ». Clouscard pense que cet énoncé se vérifierait par « quelques élémentaires lois arithmétiques : il y a bien plus d'hommes qui désirent que de femmes désirables. Jeunesse et beauté sont des lois de la nature. Ces lieux communs sont des vérités éternelles, anthropologiquement incontournables. » A première vue, on ne pourrait pas réfuter cette loi. Mais pour un rousseauiste, il est étonnant que Clouscard ait oublié « l'état de culture » qui permet justement de canaliser sa sexualité en direction de celle avec qui on partage sa vie. On peut désirer seulement celle-là ou celui-là sans être complexé. Donc, il faut énoncer la réciproque pour ceux qui prétendent être dotés d'une conscience : l'homme est un bien qui diminue avec le partage. Si l'homme et la femme n'admirent pas exclusivement sur le plan sexuel leur partenaire, la séparation est programmée. Vers la trentaine, le désir des mêmes jeunes femmes se convertit en désir de semence sans parfois se poser la question des aptitudes conjugales et paternelles du partenaire. Mais revenons au stade juvénile, quasi bestial, du jeu entre les adolescents, la parole ne sert que de support aux envies sexuelles, tel le rut chez les animaux. Bien sûr, toutes les jeunes femmes ne laissent pas libre cours à leurs pulsions hormonales. Il existe de par leur constitution une gradation dans l'intensité des désirs et une volonté plus ou moins importante de les contrôler, mais les jeux de l'allumage vont bon train. Promu en cela par les médias, un arsenal de produits et de services est à la disposition des bourses biens pleines : un invité du « Fou du roi », émission de grande écoute sur France Inter, offrait à la ronde des sex toys ; l'hebdomadaire politique Marianne a déjà montré en première page une scène torride de club échangiste ; des parents laissent traîner les films pornos que leur progéniture de 8/9 ans visionnent et racontent à de plus jeunes qu'eux ; des enfants sont témoins des visites de sites porno du père faisant ses commentaires à sa femme. Évoquons maintenant l'orgasme. Comme ce sont les femmes qui mènent aujourd'hui le jeu, il semblerait qu'elles aient moins à se plaindre sur ce plan que leurs aïeules. Dans cette lutte concurrentielle pour gagner et garder les jolies femmes, toute la littérature traitant de la jouissance de la femme a été lue par les hommes qui ont mis en pratique les préceptes énoncés. Comme l'a montré notre dernière réunion traitant des rapports homme/femme, les hommes se plaignent aujourd'hui de ne pas éprouver assez souvent l'orgasme. Nombreuses sont les femmes qui subissent des violences sexuelles, en particulier dans les couples. On se demande où est passé le respect des grands principes, mais on ne peut se contenter de par et d'autre du service minimum. Les hommes doivent non seulement comprendre mais aussi assimiler que le désir féminin doit précéder le leur, sinon il y a situation de viol ou autres perversions. Si les hommes ne savent pas dépasser leur atavisme ancestral de guerrier voleur de femmes du clan ennemi – on pensera à l'enlèvement des Sabines par les Romains –, ils tomberont dans la fange. Les femmes, de leur côté, ne peuvent faire marner les hommes ou en « allumer » plusieurs à la fois pour laisser le plus fort ou le plus friqué remporter le « pompon ». Dans la course à l'éternelle jeunesse, les jouissances sexuelles doivent, selon les médias, être promues jusqu'au troisième âge grâce aux aphrodisiaques, tel le Viagra. A l'origine, il devait être pris comme un médicament dans certaines indications d'impuissance. Les problèmes de santé (l'éjaculation précoce, la prostate, les maladies vénériennes, la frigidité, etc.) demandent une prise en compte psychique dans des lieux appropriés, où l'écoute et le conseil sont offerts. La prostitution est un commerce avilissant pour les deux parties qui ne peut prendre en compte les dimensions sensuelles et tendre des humains. Un double complexe d'infériorité et de domination de l'homme, ramené à une protubérance éjaculeuse, croise une femme rabaissée à un trou noir. Infériorité de l'homme qui se sent moche et doit payer pour évacuer son désir et domination par l'argent qui peut acheter la plus faible. Comme les hommes gardent plus tardivement leur libido, il y a parfois une incompatibilité avec leur partenaire et ils cherchent à assouvir leurs pulsions sexuelles avec des femmes plus jeunes. Pour éviter ce genre de crise, il est préférable qu'un jeune homme soit un peu plus âgé que sa partenaire. Mais cela ne veut pas dire que des vieillards se « payent » des jeunes femmes dans une sorte de jeunisme maladif. Le corps et l'esprit s'épuisent en ne sachant plus très bien le sens de leurs pulsions ; il arrive même que certains en font une sorte d'automatisme, tel un célèbre golfeur américain qui a dû passer par une cure de désintoxication sexuelle. Les magazines et les émissions de grande écoute distillent à longueur de colonnes et d'images que le sexe aurait des vertus hygiéniques. Certains refusent de se plier à cette mode et préfèrent aimer dans des conditions définies par eux-mêmes, quitte à se contenter de la masturbation qui n'est qu'un expédient en attendant le moment propice. Après avoir fait ce constat, je veux faire comprendre que l'intensité de notre jouissance sexuelle est dépendante des autres dimensions de notre être et qu'il faut voyager au-dessus de la ceinture pour que la totalité puisse mieux jouir.

 

2 / La découverte des sens

Les sens sont la première interface de l'homme avec la réalité, mais ils subissent aussi des manipulations de toute sorte. Nous sommes attirés par la beauté. Elle est pourtant fabriquée par la mode qui devient de plus en plus envahissante. Avant, l'immense majorité des humains ne pouvait pas se payer le luxe superflu de la mode. De nos jours, les filles et même les garçons copient les styles imposés par les médias. Ils en confondent la beauté avec la mode. Dans ce jeu là, la beauté intérieure – une attitude digne ou gracieuse – est carrément ignorée ou ringardisée. Débattre de la beauté avec ma fille exige beaucoup d'efforts. Elle se demande si elle est belle et pourquoi les garçons sont attirés par les filles sophistiquées, par des « pétasses » selon ses propres mots. Parler de l'ineffable relève d'un exercice difficile et demande beaucoup de patience. L'esthétique est une préoccupation très féminine. L'adolescente est profondément blessée par une insulte à l'adresse de son corps. Certains garçons et les concurrentes en profitent. J'avais déjà mentionné dans ma présentation « Amour et passion » que l'odorat des femmes est plus « performant » que celui des hommes pour le choix des partenaires sexuels et je ne m'y attarderai pas plus que cela. Je dirai seulement que les fumeurs et autres drogués doivent se tromper plus souvent que les autres. On connaît le rôle du son pour mettre l'ambiance. Toutes les agitations autour d'une table dressée pour deux dans un restaurant, baignée d'une musique suave et d'une lumière tamisée, sont autant de préliminaires aux relations intimes. Pour les plus jeunes, les bruits d'une teuf feront le même effet. Les intonations de voix d'un « prétendant » complètent les informations données par son apparence. Mais attention aux masques et aux manipulations ! Venons en au touché qui, depuis l'abandon des interdits chrétiens, a pris une dimension bien méritée. La caresse sensuelle est un des moments de la plus grande extase. D'autres aiment une bonne fessée avant de passer à l'acte. Les « experts » savent appliquer les deux traitements. A « L'empire des sens », on ne pourrait donc échapper ? Il reste que le degré de réceptivité et d'inventivité en la matière varie d'une personne à l'autre. Si on parle des sens, il faut aborder la douleur qui est la sensation opposée à celle du plaisir. Après avoir été strictement physique dans les premières années de la vie, la douleur psychique prend une place croissante au point de supplanter la première chez un nombre d'individus. A la puberté, nous la ressentons sous l'action d'un bouleversement hormonal. C'est un phénomène de « montagne russe » des sens, qui fait alterner rapidement des sensations de plaisir et de douleur sans cause évidente. Certains continuent à éprouver ces fluctuations, mêmes si elles deviennent moins intenses avec l'âge. Mais cela connote néanmoins un manque de maturité qui peut dégénérer dans un masochisme ou un sadisme difficile à soigner. Pour ne pas s'essouffler à trouver notre partenaire adéquat, il est donc important de bien analyser les informations visuelles. Bien savoir prendre le temps de regarder et « sentir » avant de laisser les autres sens se découvrir mutuellement. La maîtrise des sens est plutôt l'apanage des hommes et des femmes ayant quitté leur juvénile puissance. Après avoir fait fonctionner les parties sexuelles, on explore l'univers des séductions du second ordre. Le corps devient plus attentif aux influx venus du partenaire mais aussi aux tentatives de séduction extérieure. C'est là que les choix se font sur la base de notre vie fantasmagorique plus complexe que celle des jeunes. Ce jeu subtil nous offre la possibilité de jouer ou non à la partie des corps en attraction. Notre cerveau – notre conscience pour les plus évolués – reprend la main afin de nous indiquer le chemin à suivre.

 

3 / Quand l'esprit reprend le contrôle du corps

L'esprit, donc, permet de construire un projet sentimental. En ces périodes hyperémotionnelles, il n'est pas inutile de le rappeler. L'ouvrage du psychiatre Alain Braconnier « Le sexe des émotions » est sur bien des plans instructif, même si je m'oppose à son éloge des passions adolescentes, qui font végéter, selon moi, le sujet dans l'émotivité. De plus, je conteste l'idée sartrienne, reprise par Braconnier, qui doterait l'émotion d'une intelligence : « un mode d'existence de la conscience ». L'émotion est une décharge purement physique qui ne laisse pas de place à l'esprit. Elle n'est qu'un mécanisme inconscient. La sensibilité est au contraire le passage de l'influx nerveux basique au mode intellectuel. Un message intelligible se trouve directement lié à l'expression de notre sensibilité. Comme on apprend les maths aux jeunes, nous devons les aider à comprendre les messages du corps et le langage des sentiments. Une femme, par exemple, est émue par « l'Apollon » qui va la faire jouir et l'homme va être en érection en présence d'une jolie femme dénudée. Nous serons par contre sensibles à une déclaration d'amour. Je ne répèterais pas assez souvent que les langues françaises et anglaises brouillent les pistes en utilisant à mauvais escient le mot amour pour l'appliquer au sexe. Mais qu'a donc fait mon aïeul à l'Académie française ? Il est vrai qu'Émile Faguet s'est plutôt intéressé à l'ouvrage de Flaubert « La tentation de Saint Antoine » marquée par le déni sexuel : une répression contre-nature du corps. C'est ainsi que l'on trouve une masse de gens qui pratiquent une sexualité sans être majeurs sur le plan sentimental. Ceux qui veulent évoluer, devenir adultes, comprennent l'importance de la sensibilité, même s'ils en sont peu dotés. Ainsi, ils ne mèneront pas en bateau leur partenaire qui souffrirait trop du manque de tendresse. Ce sont deux êtres qui se rencontrent en acte et en parole. La tendresse est le stade ultime du sentiment humain. Elle met dans la balance tous les faits et gestes partagés ensemble. Elle est une des composantes de l'amour et permet de le faire croître lorsque les corps ont moins besoin de s'accoupler. C'est un peu comme une chaleur qui continuerait à vous réchauffer en y ajoutant chaque jour quelques brindilles seulement. Elle s'autoalimente avec tous les souvenirs, toutes les douceurs données en offrande. Un homme ou une femme peut offrir un orgasme à l'autre, même s'il n'en ressent pas de besoins sexuels lui-même ou elle-même. C'est comme un cadeau que l'on rend par autant de tendresse possible. Elle est ainsi partie constituante d'une joie intérieure qui peut irradier son entourage, même au delà de la mort. Faire jouir l'autre par tendresse est le stade ultime de la communion des êtres. L'autre devient sacré et l'amour éternel. Tristan et Yseult, Roméo et Juliette nous ont offert ce message que nous essayons de transposer à notre vie. La difficulté est de trouver un partenaire qui dispose d'un imaginaire ou d'un potentiel de sensibilité proche du sien. Trop de différence aboutit à l'impasse. Qu'avons-nous à partager en dehors des passions sexuelles ou même sensuelles ? Voilà une question impérative à se poser si on ne veut pas terminer solitaire.

 

4 / L'unité des forces

Telle va la vie. L'humain qui ne recherche pas seulement à satisfaire ses désirs et qui veut comprendre le sens de la vie, atteint le stade de la maturité. Il est donc important d'aider les adolescents à acquérir de bonnes bases avant de voir leurs désirs se confronter à celui des autres. Préconiser aux jeunes d'avoir des relations sentimentales sans sexualité pour que le corps jouisse pleinement à l'âge adulte. Quand le sujet fait trop précocement ses expériences sexuelles, il ne voit que la pénétration comme seul objectif et sera bientôt blasé ou drogué de sexe – ne voyant pas les autres dimensions des relations sentimentales. Rechercher l'unité du corps et de l'esprit est un travail à faire pour soi-même, qui engage ensuite logiquement à se préoccuper de celle de l'autre. La part respective de la sexualité, de la sensualité et de la tendresse sont variables d'une personne à l'autre et évolue avec l'âge. La sexualité, pulsion reproductrice, est prioritaire pour les jeunes ; il y a ensuite un glissement vers la sensualité ; la tendresse joue un rôle plus important chez les séniors. Dans un autre registre, la fusion de deux êtres est une chimère, une amnésie ou une sorte de lévitation pour oublier la réalité. Plus dure sera la chute ! La fusion, en restant sur le mode émotionnel, est caractérisée par une carence des capacités d'observation. On ne fait que voir et sentir l'autre sans jamais le comprendre. Nous ne trouverons « la force qui est en nous » que par la maîtrise de nos sens et de nos pensées.

 

5 / La géométrie variable de l'amour et la manière de le trouver

Il existe une très grande diversité de désirs. Que ce soit par l'attirance basée sur l'aspect physique, par la manière de se déplacer dans l'espace, la façon de s'exprimer, les exhalaisons dégagées ou par le statut social, les hommes et les femmes sont fascinés par un type d'individu bien déterminé sans qu'il soit unique. Pourtant, à part la couleur des cheveux et des yeux, on ne dévoile que très rarement ses préférences. Nous n'arrivons pas à formuler clairement nos souhaits en matière de psychologie du partenaire. Nous ne travaillons malheureusement pas ce sujet crucial. Il paraît trop difficile à définir. Nous ne voulons pas nous couper de tous les possibles ni juger avant d'avoir « essayé ». Il reste que le masque de la séduction est bien traître. Il nous fait aboutir à trop d'impasses qui épuisent notre corps et notre esprit. Après l'étape de séduction mutuelle, confirmant l'attirance, mais avant l'offrande du baiser, nous devons apprendre à mettre des mots derrière notre projet de vie et nos aspirations sentimentales. En plus du langage du corps, la parole raisonnable est un média qui donne des éléments complémentaires pour s'approcher ou non de l'autre en « âme et conscience ». L'échec à ce stade est beaucoup moins destructeur que si l'on doit se séparer après les épanchements passionnels. Certes, des expériences, même de courte durée, peuvent être enrichissantes, mais nous cherchons, en règle générale, à construire un projet relationnel pérenne, éternel pour les plus idéalistes.

 

Référence bibliographique

Alain Braconnier, Le sexe des émotions, Odile Jacob, 1996